✐ Fanfiction de Fraisie par Gwladys : Colombine L’amour de la peinture

On termine ce weekend dédié aux créations de fans que j’ai eu la chance de recevoir récemment ♡ J’ai tellement de gratitude pour ces merveilles, j’ai envie que le monde entier en profite ^___^

Voici de sublimes mots : de mon livre Fraisie, la magie de la pâtisserie, une fanfiction écrite par Gwladys ♡

Fanfiction Fraisie, la magie de la pâtisserie

Colombine
L’amour de la peinture

Gwladys Ithilindil Sarie

Colombine se tient devant un petit chevalet posé sur son bureau. La fenêtre de la chambre est grande ouverte et la brise souffle dans les voilages bleu ciel. Colombine essaie de peindre le paysage qu’elle voit au-dehors. Sur la toile, des collines, des bois et d’adorables maisons entourées de prairies apparaissent les uns après les autres.

Au bout d’un moment, Colombine pose son pinceau et se recule. Elle observe le tableau pendant un moment. Elle fronce les sourcils et le barre d’un trait rageur. Encore une fois, c’est raté. Sa peinture est trop grossière et ne ressemble pas au vrai.

Elle aimerait tellement, tellement arriver à peindre mais c’est tellement difficile ! Le pinceau ne trace pas les lignes comme elle le veut. Les couleurs ne se mélangent pas selon ses souhaits et ses maisons sont grotesques. Elle a beau s’exercer, elle ne s’améliore pas et commence à désespérer.

Comme elle voudrait pouvoir peindre les jolies choses qu’elle imagine ou qu’elle voit, pourtant ! Mais il semble bien que cela ne va rester qu’un rêve. Elle n’arrivera sans doute jamais à reproduire le paysage sur sa toile ni à y ajouter la biche ailée et le pégase qu’elle imagine voler dans le ciel et cela la rend triste. Ce serait si bien d’être douée de ses mains comme ses parents et son grand frère !

Le papa de Colombine fabrique des jouets en bois. Il les taille, les sculpte et les peint de si jolie manière que les enfants s’arrêtent devant la vitrine de la boutique pour les admirer.

Sa maman est costumière pour le théâtre. Elle coud des robes merveilleuses, ornées de dentelles, de broderies ou de fleurs plus vraies que nature. Robes de fées ou de princesses, costume de lutin ou de pirate, elle sait tout faire.

Son frère Nino est un musicien talentueux. Il joue dans un orchestre et a son propre groupe de rock. Il sait jouer du clavecin, de la guitare et du violon. C’est un vrai virtuose de la musique.

Colombine rêve d’être douée comme eux. Elle veut arriver à peindre de jolis tableaux qui font rêver les gens et réjouissent le regard. Pour le moment, elle range ses affaires et sort dans le jardin. Il fait si beau qu’elle ne peut pas rester plus longtemps enfermée dedans.

Elle joue sur la balançoire quand arrive une petite fille blonde aux magnifiques yeux bleus. Colombine saute de la balançoire et court vers la fillette.
⁃ Chouette ! Une nouvelle amie ! s’écrie Colombine toute contente.
⁃ Je m’appelle Fraisie, dit la nouvelle venue en souriant.
⁃ Et moi, Croustillon, dit le lapin en sautant dans les bras de Colombine.
Colombine est étonnée. Pensez-vous, un lapin qui parle ! Il lui chuchote à l’oreille.
⁃ J’ai senti l’amour de la peinture en toi.
⁃ Oh ! répond Colombine tristement. J’aimerais savoir peindre mais je n’arrive à rien.
⁃ C’est pour ça que nous sommes venus, dit Fraisie. Nous allons t’aider à réaliser ton rêve.

Croustillon sautille. Au premier bond, tous les trois se retrouvent dans une dimension magique. Au second bond, une magnifique barrette bariolée apparaît. Colombine est émerveillée.
⁃ Quelle est belle !
⁃ C’est ton objet magique, dit Croustillon. Prononce ton vœu le plus cher. S’il est sincère, la magie viendra à toi.

Fraisie lance un sourire rassurant à Colombine. Alors, celle-ci s’exclame :
⁃ Que je devienne une grande artiste-peintre ! Magie, montre-moi ta lumière !
Colombine accroche la barrette à ses cheveux et se transforme en une belle jeune femme !
⁃ Tu n’es pas une jeune femme ordinaire, lui apprend Croustillon. Désormais, tu es une artiste-peintre mondialement reconnue.

Le lapin sautille à nouveau. Un premier bond et tout le monde revient dans le monde normal. Un second bond pour transporter la Colombine adulte dans l’atelier d’artiste de ses parents.

Quand elle ne travaille pas au théâtre, la mère de Colombine s’y installe pour travailler sur de nouveaux projets personnels et être avec son mari. Elle accueille Colombine avec étonnement.

⁃ Qui êtes-vous ? Vous avez un tablier de peintre. Vous venez sans doute pour le poste de décoratrice de théâtre.
⁃ Euh… Oui, c’est cela, répond Colombine qui s’est souvenue à temps que se parents cherchent un peintre pour peindre les décors de leur nouveau théâtre de marionnettes. Je m’appelle… Clémentine !
⁃ Je ne peux pas engager n’importe qui comme ça. Mon mari et moi préparons un spectacle à partir du conte de fées « Le Bal des Douze Princesses » . Mon mari fabrique les marionnettes. Venez voir.

La maman guide Clémentine vers le fond de l’atelier. Sur une grande table, de superbes marionnettes attendent d’être habillées. Il y a douze jeunes filles, toutes plus belles les unes que les autres qui attendaient leurs robes de bal, le jeune héros, les douze princes, le roi et divers valets et servantes.

— Que c’est beau ! s’exclame Clémentine.

Ensuite, la maman amène Clémentine jusqu’à un autre coin. Là, c’est une montagne de costumes colorés et scintillants qui attendent Clémentine.
⁃ Les costumes sont fin prêts. Il ne manque que les accessoires que je vais finir à la fin de la semaine. Ce que nous attendons de vous, ce sont des décors qui mettent tout cela en valeur. Avant de vous engager, je vais voir si vos talents correspondent à ce que nous cherchons.
⁃ Que dois-je faire ? demande Clémentine avec une assurance qu’elle est loin de ressentir.
⁃ Vous allez peindre le paysage qu’on voit depuis cette petite fenêtre et y ajouter un élément imaginaire.
⁃ D’accord, répond Clémentine.
⁃ Je vais faire un tour. Vous avez tout l’après-midi pour réaliser votre œuvre.

Une fois seule, Clémentine s’approche d’une table encombrée par du matériel de peinture. Il y a là tout ce dont un peintre a besoin : des pots de peinture, des pinceaux…

⁃ Comment je vais faire ? se demande la jeune femme.
⁃ Ne panique pas, dit Fraisie dans sa tête. Je vais te guider.
⁃ Comment fais-tu pour parler dans ma tête ?
⁃ Quand tu es transformée en artiste-peintre, nous sommes directement reliées. Je serai ton professeur personnel.

Génial !

Grâce à l’aide de Fraisie et de Croustillon, Clémentine installe une petite toile sur un chevalet. Elle met des couleurs sur une palette et en mélange certaines. Avec un pinceau, elle étale des couleurs sur sa toile, un vert très doux, puis un bleu pervenche. Avec un autre pinceau, elle trace la silhouette des arbres et des fleurs, ajoute la balançoire. Ses gestes sont précis, les traits délicats.

C’est fantastique ! Est-ce grâce à son corps d’adulte, qu’elle peint aussi bien ?

— Reste concentrée, dit Fraisie. Nous n’avons pas fini.

Une silhouette apparaît sur la balançoire. Elle ressemble à une des marionnettes. Clémentine lui a ajouté une des robes que sa mère a créées. Elle corrige des petites erreurs, ajoute les ombres et la lumière… C’est fin prêt.

À ce moment-là, les parents de Clémentine entrent dans l’atelier. Leurs yeux tombent tout de suite sur le tableau.
⁃ C’est superbe ! C’est exactement ce que nous recherchons, dit le père. Clémentine, vous êtes engagée !

Folle de joie, Clémentine court rejoindre ses amis.
⁃ Tu t’es très bien débrouillée, lui dit Croustillon. Tu as encore beaucoup de choses à apprendre mais pour l’instant redeviens Colombine et va rejoindre tes parents.
Le lapin saute sur la barrette et Clémentine redevient Colombine.
⁃ D’accord, répond Colombine. Fraisie, j’ai un cadeau pour toi. C’est pour te remercier de ton aide.
⁃ Merci, dit Fraisie en prenant le petit tableau.
Elle y jette à peine un regard et le donne à Croustillon. Clémentine est déçue.
⁃ Mais…, commence-t-elle.

Croustillon saute sur l’épaule de Colombine.
⁃ Je dois veiller sur le bon fonctionnement magique de la barrette. Tu veux bien m’accueillir chez toi ?
⁃ Oh oui ! Avec joie !

À partir de ce jour, Colombine mène une double vie. Le jour, elle est une petite fille et le soir, elle se transforme en artiste-peintre.

Les tableaux s’enchaînent jour après jour. Château, jardin, le bois aux arbres à feuilles d’argent, le bois aux arbres à feuilles d’or et celui aux arbres à feuilles de diamant, le lac et le château enchantés, la salle de bal…

Clémentine s’amuse à peindre les tableaux qu’elle a toujours rêvé de peindre. Elle est heureuse. Quand elle peint dehors, les gens s’arrêtent pour admirer et certains lui en achètent !

Un soir, sa maman lui dit.

— Il y a une exposition-concours qui se tient la semaine prochaine en ville. Je pense que vous avez toutes vos chances. Voulez-vous y participer ?
— Euh ! fait Clémentine, rêveuse. Je voudrais y réfléchir.

Colombine rejoint Croustillon et Fraisie dans sa chambre. Elle discute du concours avec eux.
⁃ Je devrais le faire, vous pensez ! Cela montrerait mon talent à plein de gens ! Je vais avoir plein de commandes si je gagne !
⁃ Je crois que je n’ai plus rien à t’apprendre, répond sérieusement Fraisie.
⁃ Je sens, ajoute Croustillon, que la magie ne viendra plus à toi.

Hein ! Comment ça ?
Cette nuit-là, Colombine n’arrive pas à s’endormir. Elle n’arrête pas de réfléchir au concours et à ce qu’ont dit Croustillon et Fraisie.

Elle est triste d’avoir perdu ses amis et ses pouvoirs magiques. Même si les décors sont terminés, cela ne la console pas beaucoup.

Pour redonner le sourire à sa petite fille, papa lui offre un livre d’art. La fillette admire les reproductions de tableaux et retrouve peu à peu ses rêves.
⁃ C’est ça, pense-t-elle. La magie est venue à moi parce que je rêvais de peindre des tableaux qui fassent rêver, pas pour gagner des concours.

Le soir, quand tout le monde est couché, Colombine retourne à l’atelier. Elle prend une toile vierge et mélange des couleurs. Elle réfléchit. À chaque fois qu’elle a offert un tableau à Fraisie, celle-ci y a jeté un coup d’œil rapide puis l’a donné à Croustillon. Voyons, qu’est-ce qui ferait plaisir à la petite fille ?

En réfléchissant, Colombine se souvient qu’elle l’a toujours vue avec un accessoire en forme de pâtisserie dans les cheveux. Peut-être que c’est ça ce qu’elle aime.

Sur sa toile, Colombine peint une table avec une jolie nappe dessus. Elle ajoute des assiettes mignonnes comme tout et finit par des macarons, des mille-feuilles, des parfaits et un magnifique fraisier.

Elle a retrouvé sa gaieté et ses rêves. Elle est heureuse parce qu’elle peint pour une amie.

Le tableau est à peine fini que voilà qu’entrent Fraisie et Croustillon.
⁃ Bonsoir. Nous avons senti un souhait sincère et la passion de la peinture.
⁃ Entrez ! s’exclame Colombine, enchantée. Je voudrais vous montrer quelque chose.

Elle les amène tout droit vers le chevalet. Fraisie regarde longuement le tableau et…
⁃ Il y a encore du progrès à faire, mais c’est très beau. Je peux le prendre pour le mettre dans ma chambre ?
⁃ Oui, bien sûr ! C’est un cadeau pour te remercier de ton aide.
⁃ Et moi alors, dit Croustillon. Je peux avoir un tableau moi aussi ?
Les deux fillettes éclatent de rire et Colombine répond :
⁃ D’accord.

Elle se met aussitôt à l’œuvre, enchantée de faire plaisir à ses amis. Elle peint de mémoire la dimension magique avec Croustillon au milieu.
⁃ Merci de votre aide. Grâce à vous, j’ai appris à peindre et j’ai trouvé confiance en moi. En plus, j’ai participé au projet de mes parents qui va faire rêver des tas de gens. Bien sûr, je dois encore apprendre et m’exercer beaucoup.
⁃ Tu as réussi à acquérir un joli coup de pinceau, l’encourage Fraisie. Comme m’a dit un ami, un jour, « Continue de persévérer, c’est ainsi qu’on réalise ses rêves. »
⁃ Oui, je sais ce que je vais faire plus tard : j’irai aux Beaux-Arts après le lycée et j’apprendrai à peindre des tableaux qui fassent rêver les gens.

Croustillon sourit.
⁃ Colombine, tu peux garder la barrette. Tu n’en as plus besoin, mais un jour tu rencontreras un enfant qui doute de son rêve. Ce jour-là, tu pourras la lui transmettre. Et si son souhait est sincère… La magie viendra !

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