Nihonjin no shiranai nihongo – drama – enseigner aux étrangers le japonais que ne connaissent pas les Japonais

Après 1,5 ans de cours du soir de japonais et une année 2012 remplie de séjours à Tôkyô, j’annonçais avec émotion à ma professeur et à ma classe de japonais que j’y repartais pour un séjour de plusieurs mois ce printemps. Une de mes camarades m’a alors conseillé de regarder un drama sur ce qui ressemblerait à ce que je vivrais, à savoir suivre des cours intensifs de japonais en immersion au pays. Apprendre, travailler à réaliser ses rêves, rire énormément, le tout avec des points de langue et de culture pointues, tous ensemble d’où que l’on vienne, c’est le fantastique propos de “Nihonjin no shiranai nihongo”. À voir absolument !!!!!

 

J’avais remarqué le manga originel, bien mis en évidence en librairie l’an dernier au Japon, sûrement parce que le tome 3 venait de sortir. En France, la traduction du manga aurait déjà dû paraître mais il semblerait que ça arrive pour mars 2013. J’ai hâte de voir ce que ça donne en yonkoma, car l’adaptation en drama est vraiment fantastique !

Haruko rêve de devenir professeur de japonais, mais avant cela elle se retrouve à enseigner la langue à une classe de… gaikokujin ! Italien, Russe, Français, etc. Les 9 élèves viennent de pays différents et sont venus au Japon pour des objectifs farfelus : rencontrer des ninjas, devenir chanteuse d’enka, faire des dôjinshi, … Dans ce contexte, la curiosité à la fois très juste et très drôle des étrangers donne l’occasion d’avoir des réponses que les japonais eux-mêmes peuvent avoir du mal à trouver. Pourquoi certains kanji n’ont pas le même sens qu’en chinois, d’où viennent les néologismes des jeunes, pourquoi certains n’utilisent pas le keigo qu’il faudrait, “mais enfin les ‘masu’ et ‘desu’ sont trop froids !” Bref, exactement tout ce qu’on se demande quand on est un adulte étranger apprenant le japonais !!

Le drama met en scène des réponses très humaines à ces questions théoriques. Pourquoi une même phrase de réponse peut signifier “oui” mais aussi “non” selon le contexte, pourquoi le japonais est si évasif, pourquoi ne pas répondre directement et s’évertuer à être ambigu ? Parce qu’au Japon, on se soucie beaucoup de l’interlocuteur, donc lorsqu’on répond, on fait en sorte de préserver l’harmonie dans la relation. Sô desu ne… On lirait ce propos dans un livre comme on lirait un cliché, mais ce qui est fort avec ce drama, c’est qu’on ressent pleinement l’utilité et l’évidence de cet état d’esprit. Ça devient évident, et c’est même vraiment beau.

“Ichi-go ichi-e”, c’est ce qui m’a le plus touché dans ce drama. Outre l’aspect apprentissage, cette histoire montre l’aspect unique de la rencontre de ces personnages, bien que pluri-culturel, parce que pluri-culturel. Tous sont très différents, mais tous aiment le Japon et ont un objectif commun : réussir l’examen tous ensemble. Ce qui m’aura valu de pleurer durant tout le dernier épisode, ce type de lien sans frontière m’émeut beaucoup, c’est juste trop beau ;___; Vraiment, regardez ce drama, je vous le recommande T__T

Dans le dossier d’inscription de l’école où j’irai, une question légitime est posée : “Pourquoi voulez-vous apprendre le japonais ?”. Pour moi, c’est parce que j’aime cette langue, ce pays, cette culture. Je voudrais pouvoir mieux comprendre le Japon et partager cette passion ici, depuis la France, dans le monde, via mes créations. Et vous, puisque vous me lisez, pourquoi voulez-vous apprendre le japonais ?

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