[Japon] Oshôgatsu, mon nouvel an à Tôkyô dans les traditions japonaises : nengajô, otoshidama, ômisoka, Kôhaku, hatsumôde, takoage, kadomatsu, …

J’ai beaucoup aimé passer le nouvel an à Tôkyô, chercher les nombreuses traditions et le vivre comme les japonais. Il y a un air de fête dans chaque détail, avec un sens que je trouve poétique et très joli. Voici comment je l’ai vécu :

Nengajô, les cartes de voeux du nouvel an

japon-carte-postale-nouvel-an-nengajoDes rayons complets de cartes postales de nouvel an pré-timbrées (et comprenant un numéro de loterie) sont dans les magasins, et même dans les conbini. Ces cartes représentent le signe astrologique chinois de l’année à venir, à savoir le serpent pour 2013. Dans la rue, les boîtes de poste contiennent une entrée dédiée à ces cartes postales, qui seront délivrées pile pour la nouvelle année, ni avant ni après.

L’effort et l’idée m’ont beaucoup plu, j’ai voulu écrire moi aussi à mes proches en France mais ce système ne fonctionne sûrement qu’à destination des résidents au Japon. Finalement j’ai envoyé des cartes de nouvel an sans numéro de loterie ^^

Otoshidama, les étrennes

japon-otoshidama-enveloppes-etrennesDes rayons tout aussi abondants contiennent des enveloppes magnifiquement décorées. Le design est beau et varié, j’ai vite compris que c’est l’équivalent des enveloppes rouges chinoises. Ces enveloppes sont conçues pour mettre de l’argent dedans et les offrir aux plus jeunes de la famille.

Loin de mes neveux, je n’ai pu suivre cette tradition, mais heureusement j’avais passé le Noël français avec eux auparavant et le nouvel an chinois va vite arriver ! Ces enfants sont bien gâtés ^o^

Ômisoka, le dernier jour de l’année, sôji et soba

Le 31 décembre, le grand ménage doit avoir été fait, c’est le moment de manger des soba, leur longueur symbolisant la longévité. Ça me rappelle le nouvel an chinois tel que ma mère me l’a transmis : tout nettoyer au réveillon pour que le jour de l’an soit un repos total, et manger de longs poireaux (dont la partie dure n’a pas été oblitérée, immangeable, horrible, souffrance ^^; ) pour avoir une longue vie.

En mode touriste, je me suis épargnée le ménage ^_^ Je suis plutôt allée faire du shopping et… je n’ai jamais vu ces magasins autant fréquentés de toute l’année O__O Apparemment, beaucoup de japonais s’offrent des jouets à ce moment. Nous étions donc très nombreux à nous acheter une Nintendo 3DS ce jour-là ^o^!

Kôhaku uta gassen

Dès 19h, rendez-vous devant sa TV sur la chaîne NHK, car commence Kôhaku uta gassen ! Cette émission, à l’audience énorme, voit se succéder 50 groupes ou artistes solos musicaux, depuis l’enka à la J-pop. Un jury de stars vote en faveur de l’équipe féminine représentée par Maki Horikita ou de l’équipe masculine représentée par Arashi. Cette année, pour la 63ème édition, le thème était “Ongaku ni aitai” / “Meet the music”, aussi de nombreuses collaborations entre artistes et medleys ont eu lieu. Dans le jury, des champions olympiques, Haruka Ayase (l’actrice notamment d’Akko-chan), ainsi que la grande Yoko Kanno ! L’émission s’est ouverte par Ayumi Hamasaki bien sûr ! 3 tenues en 3 min, avec le décor spectaculaire du NHK hall, et une énergie intense. Ayu a donné le ton : toute l’émission se poursuit ainsi dans un rythme effréné ! Beaucoup de bonne humeur, mais aussi des messages d’espoir pour la reconstruction après les catastrophes de Fukushima.

Pendant que s’achève le Kôhaku, l’ultime représentation du COUNTDOWN LIVE d’Ayu a lieu et est retransmis sur le site web Ameba pigg. “3… 2… 1… Happy new year!!” Pour ceux qui aiment, le concert Countdown live des Johnny’s est aussi retransmis à la TV, mais c’est plutôt le moment d’aller au sanctuaire !

Hatsumôde, la première visite au sanctuaire

Ma professeur de japonais m’avait recommandé d’y aller dès le soir pour qu’il y ait moins de monde. Je voulais le faire et même voir le premier lever de soleil ! Concrètement, j’y suis allée le jour de l’an à midi, et effectivement : il y avait beauuucoup de monde !!

Je me suis rendue au sanctuaire shintô de mon quartier, Hie jinja, qui se trouve être aussi le lieu recommandé par We are the Tokyo Navigator représenté par Emi Takei (l’actrice notamment de Kyô, koi o hajimemasu). La foule est très bien organisée par les policiers, de sorte que j’ai pu facilement acheter un hamaya et le faire purifier par une miko. Un hamaya est une flèche décorée et porte-bonheur, des miko accomplissent une danse au son d’un taiko avec les hamaya des visiteurs, à noter qu’il faut y accrocher son mini towel ou un signe distinctif pour bien récupérer son hamaya et non celui de quelqu’un d’autre. J’ai beaucoup aimé cette ambiance tranquille et respectueuse, je considère le shintoisme comme de la tradition plus qu’une religion alors je me sentais bien dans le sanctuaire.

 

japon-hatsumode-meiji-jinguPour cette raison, je ne voulais pas aller à un temple bouddhiste. Cela dit, en soirée j’étais tout près de Meiji jingû, alors pourquoi ne pas juste aller voir sans prier ? Quelle idée !! Même dans la pénombre, le monde s’y agglutinait avec impatience, impossible d’y pénétrer en étant zen.

Juste pour l’anecdote : lors de son concert T.M.R. NEW YEAR PARTY, Takanori de T.M.Revolution demandait ce qu’on faisait avec lui en plein nouvel an et si on était bien allé au sanctuaire. Le public a largement répondu “Yasukuni!”, car Yasukuni jinja est juste à côté du Nippon Budôkan ^o^

Les voeux de l’empereur

Le 2 janvier, le palais impérial, habituellement fermé au public, ouvre exceptionnellement ses portes. Sur le chemin pour accéder à l’entrée, des personnes distribuent à tous de petits drapeaux japonais qui pourront être déployés lors de l’apparition de l’empereur et de sa famille. La visite commence par une vérification de sac à main et une fouille au corps, mais pas d’inquiétude, on est toujours très bien traité. Puis c’est parti pour une très longue promenade sous un ciel d’un bleu parfait, car le jardin impérial est immense !

L’empereur apparaît 5 fois dans la journée pour prononcer ses voeux pour la nouvelle année. Je suis arrivée quand il venait de partir ^^; C’était également le cas d’un public déjà très nombreux, prêt à attendre 1h30 dans le froid mordant de l’hiver pour la prochaine apparition. Pas moi (j’avais rendez-vous avec Takanori à l’autre bout du jardin impérial ^o^). Mais avoir vu qu’autant de monde aime leur empereur est vraiment intéressant.

Takoage, les cerf-volants

japon-takoage-tokyo-chuo-cityParmi ce qui est joué lors des premiers jours de l’an, il y a le takoage. La météo est décidément douce avec les traditions, car il soufflait un vent incroyable le 4 janvier lorsque je me suis rendue à Chuo city, où un grand terrain est dédié à jouer aux cerf-volants ! C’était très mignon de voir tous ces petits enfants jouer. La forme de leur takoage m’a interpelée. Quand j’étais petite, j’avais un cerf-volant fait de 2 bâtons en croix recouvert d’un losange en matière lourde, et ça volait très mal même en dévalant une colline à toute vitesse. Ce jour-là à Tôkyô, la plupart des enfants avaient un plastique léger attachés par les deux bouts, de loin on aurait dit un sac plastique de conbini, mais surtout ça volait très bien !!

Kadomatsu, la décoration devant chez soi

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À l’entrée de chez soi, de part et d’autre, deux kadomatsu sont placés pour les kami. Ils sont retirés dès le 8 janvier pour permettre au kami de partir. Devant mon chez moi de Tôkyô, les kadomatsu étaient très grands, faits de 3 branches de bambou tranchées et d’ikebana autour. Devant d’autres demeures, j’ai vu des branches de bambou non coupées, ou devant des entrées vraiment petites juste de la décoration suspendue. J’ai vu une émission sur le taillage de ces bambous, l’angle est très aigu, c’est impressionnant et très beau à voir.

Kagami mochi

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J’adore le mochi, aussi lorsque j’en ai vu beaucoup en vente sous la forme d’une grande boule surmontée d’une petite, le tout décoré majestueusement, j’en ai pris une ! Il y en a également orné d’une orange amère. Il s’agit de kagami mochi, à placer chez soi dans l’autel shintô de la maison, et à casser et manger le 2ème dimanche de janvier.

Juste avant de rentrer en France, le coeur lourd de quitter le Japon, j’ai donc voulu casser délicatement mon kagami mochi. Mais en fait, j’ai dû y aller comme une brute pour réussir à n’en briser que des miettes !! Il faudrait le faire au sabre, c’est trop dur ^o^

Voir aussi (prochains articles) :