Nââândé !? Paris vu par une Japonaise

Je me suis énormément amusée en lisant le livre d’Eriko Nakamura qui vient de paraître : Nââândé !? Les tribulations d’une Japonaise à Paris. Depuis les retards entre amis au laisser-aller des vendeurs des Grands Magasins, en passant par la propreté douteuse des toilettes publiques, Eriko-san raconte avec beaucoup d’humour son profond étonnement face au comportement des Parisiens qui lui font apprendre le sens du mot “cavalier”. En guise de comparaison, elle décrit également le comportement prévenant et respectueux qu’auraient eu des japonais à situation équivalente. Mais aussi, elle sait dépeindre son amour pour des petits détails du quotidien à Paris. Chaque facette de chaque culture est abordée de manière aussi légère que juste, un vrai régal à la lecture !

On peut lire ce livre pour découvrir comment Paris peut être perçu, ainsi que pour en apprendre plus sur la vie quotidienne au Japon. Je l’ai aussi lu d’une autre manière. Chaque fois que je pose le pied à l’aéroport de Roissy – Charles de Gaulle après un séjour au Japon, je suis trop choquée pour apprécier de rentrer chez moi. En fait, je suis fréquemment choquée en vivant ne serait-ce qu’en Province en France, mon éducation étant un mélange de rigidité laotienne, de rêves issus des mangas, et de liberté apprise à l’école française. De chaque culture, je crois que j’ai assimilé respectivement la nécessité de ne pas déranger son prochain, le fait de vivre ses passions avec courage, et le besoin de faire ce qu’on veut de sa vie. Mais ce mélange n’est pas tout à fait adapté, car il faut aussi savoir ne pas prendre pour soi la mauvaise humeur des gens qui exercent un métier qu’ils détestent, se montrer plus civilisé que le commerçant qui vous compare aux petits Chinois travaillant au fond d’une cave, accepter que la démocratie se passe dans la rue, etc. (j’écris ceci après une journée à entendre l’hélicoptère de surveillance au-dessus de chez moi, quantité de CRS et policiers déployés pour encadrer le vandalisme et les incendies volontaires qui ont bien eu lieu O_O) Bref, lire ce livre, c’était aussi retrouver les mêmes points d’étonnement, et surtout trouver les points positifs que décrit affectueusement l’auteur. Parce qu’elle aime vraiment vivre à Paris, vivre avec un Français qui l’aime.

Ne pas oublier qu’il y a de quoi aimer là où l’on vit, c’est un joli cadeau. Merci à la petite fée lumineuse qui m’a offert ce livre !!