Le goût du dessin

The taste of life

Il m’arrive de recevoir des mails de jeunes artistes en devenir, qui ont 12, 16 ou 21 ans. Peu importe l’avancement de chacun en âge et en étude, ce qui compte c’est qu’ils sont à un croisement de leur chemin de vie. Certains m’écrivent parce qu’ils doutent, d’autres parce que mon parcours artistique leur donne de l’espoir. Aujourd’hui, c’est un mail de remerciements que j’ai reçu, parce que mes illustrations ont redonné l’envie de dessiner. Sachant qu’à mes yeux, redonner le goût du dessin est assez proche de redonner le goût de la vie, j’ai été très émue…

Pour tous ceux qui m’écrivent ou qui n’oseraient pas m’écrire pour ces raisons, un autre point commun vous relie : vous pensez tous que votre long récit sera ennuyant et que je n’aurai pas le temps d’y répondre. Certes, je suis très occupée et il ne m’est pas toujours possible de répondre longuement. Mais sachez que vos textes sont de vrais trésors, c’est moi qui vous remercie de vous épanouir, si je vous aide de quelque manière à vous accomplir dans votre vie alors mon bonheur est incroyablement entier !

Vous êtes nombreux à vous épancher de manière passionnante sur votre passion, j’aimerais tellement que vous partagiez à d’autres cette expérience importante que vous êtes en train de vivre et qui encourageraient d’autres plus tard. Dorénavant, j’inviterai les jeunes artistes à laisser un petit mot sur cet article de blog, j’espère qu’ils joueront le jeu car ces trésors mériteraient d’être partagés !!

Pour finir, un petit retour sur un détail de mon parcours : M. Kojima, directeur d’une école de manga au Japon, me demandait si mes parents m’avaient soutenu dans la voie artistique. La réponse est non. Mes parents sont des héros de shônen manga, prêts à tout sacrifice pour un meilleur avenir pour leurs enfants. En retour, l’enfant que j’étais a mené une carrière scientifique à la hauteur de ce qu’ils espéraient, et les mangas m’ont accompagné sans cesse ^o^ Ils n’approuvaient pas que je fasse de l’auto-édition en parallèle de mes études supérieures, ils étaient choqués lorsque j’ai démissionné de mon entreprise en abandonnant une situation confortable. Jusqu’à un cocktail, où l’adjoint au maire expliquait avec joie à ma mère que j’avais contribué au rayonnement de son événement culturel. Là, mes parents ont commencé à se dire que je faisais un vrai métier, et qu’ils étaient fiers que j’ai toujours porté mon rêve en moi. À cela, M. Kojima acquiesce en disant qu’au Japon, les parents sont tout autant frileux à inscrire leurs enfants dans une école de création artistique, car tout parent rêve d’un avenir stable pour son enfant. “Mais il faut permettre aux jeunes talents de s’exprimer”. Je veux vous permettre de vous exprimer, quelle que soit la discipline qui est votre vocation. Nous pouvons, nous devons tous réaliser nos rêves et exprimer notre authenticité : c’est ce qui donne un vrai goût à la vie !