L’universalité des valeurs, l’unicité du bonheur

Je parle beaucoup du Japon, pays qui me passionne; aujourd’hui je vais parler de la Chine, mon pays d’origine. Tout d’abord, je vous recommande de lire “L’Universalité et l’existence de l’Autre”, série de 3 articles par Chun-Liang Yeh. Je crois qu’il est rare qu’un chinois avec une belle plume française prenne la peine d’expliquer des choses aussi essentielles que l’importance du contexte culturel, alors même qu’on lui assène des jugements de valeurs. Ce genre de témoignage est précieux, lisez-le avec attention.

La Chine, pour moi, c’est un inconnu familier. Je parle à peine un des dialectes, mes parents m’en ont très peu parlé puisqu’eux-mêmes ont vécu dans un autre pays, je n’en connais presque rien par la scolarité française (à mon époque au Bac, la Chine était inclue dans “Asie et pays en voie de développement”, chapitre que le professeur d’Histoire n’a pas parcouru sérieusement, estimant que ce sujet ne tomberait jamais en examen). Mais j’en ai les traits et dès que je lis un ouvrage dessus je m’y retrouve beaucoup émotionnellement et philosophiquement. D’ailleurs, Chun-Liang décrit un comportement chinois – ne pas exprimer sa pensée lorsqu’on a le sentiment que l’auditoire n’est pas prêt à l’entendre – qui m’a parut être un de mes traits de caractères. C’est bien mystérieux ^_^

Lors de la migration de mon blog vers la plateforme actuelle, j’ai purgé énormément d’articles car j’écris vraiment trop ^o^ Mais un article est resté : “Devenir illustrateur – Ayez une attitude positive et optimiste”. Dans cet article, je citais Confucius pour encourager les jeunes artistes en herbe, et aussi pour me faire la promesse de créer des projets qui me ressemblent, résolument positifs : “Cultivons notre être pour devenir la meilleure version possible de ce que nous sommes.” C’était ma bonne résolution 2011. Et maintenant, en 2012 ? À ma petite échelle, j’ai l’impression d’être sur la voie que je devais prendre, car j’écris ceci en après avoir envoyé le prochain livre d’Univers partagés éditions chez l’imprimeur d’une part, chez le diffuseur d’eBooks d’autre part. Il arrive, ce nouveau livre dont je ne suis ni auteur ni illustrateur mais tout le reste, tout ce qui porte le message vers le public. Et comme ce livre est un hommage, une véritable déclaration d’amour au Japon, j’ai la sensation d’enfin mettre mes compétences au service de quelque chose de positif, autre chose que ma carrière, autre chose que juste mes passions personnelles, quelque chose de plus. Au service de ceux qui ne demandent qu’à vivre leur passion. Ça reste un bourgeon, mais déjà je suis heureuse de travailler à ce qu’il s’épanouisse ^__^

Tout ça pour dire qu’il n’y a pas qu’une unique manière de se réaliser, d’œuvrer pour le bonheur, de penser. Il y a celle que vous apprend votre culture à votre époque, vos parents, votre école. Et aussi, il y a celle des autres, qui peut être différente de la vôtre sans être mauvaise pour eux. Ne jugez pas le peuple chinois comme vous jugeriez votre compatriote français. Ne restez pas à tout prix sur la voie royale du bonheur prouvé et approuvé, peut-être que votre propre bonheur est aussi atypique que vous êtes authentique !

Open sharing – le cercle vertueux du partage

En novembre dernier, Trey Radcliff mettait des mots sur ce que je ressentais depuis longtemps à propos de quelque chose d’essentiel sur le web : “The spirit of Internet-trust”. Exactement l’état d’esprit qui me fait aimer Internet durant ces 14 dernières années, qui m’a fait passer l’an dernier tout mon site sous licence Creative Commons Attribution-Non commercial (qui m’a fait aimer Google+ aussi).

Voilà que Trey récidive en écrivant sur Pinterest et en élargissant le sujet à : “Sharing isn’t the future; it’s the now”. Je ne voulais pas m’intéresser à Pinterest, je me trouve déjà sur-connectée, mais voilà qu’il me prend par les sentiments : je suis une artiste qui créé pour communiquer et qui croit très fort à la bonne volonté des internautes qui apprécie sincèrement mes travaux. Et donc, ai-je envie de partager sur une plateforme populaire mes dernières créations et que ceux-ci puissent, s’ils sont appréciés, être re-partagés avec la bonne paternité respectée ? Oui ! Me voilà donc sur Pinterest, ah la la ^____^

Peinture – Peaceful flower est vendue ! – Comment expédier un tableau

Ma toile “Peaceful flower” est le tout premier tableau de mon exposition Rosalys. Lors de ma précédente exposition, mes originaux ont été vendus en boutique, donc je ne les ai pas vu partir aux bras des clients ! Pour “Peaceful flower”, le client l’a commandé directement auprès moi, alors ça m’a fait tout drôle de dire au revoir à Mademoiselle fleur paisible !! J’ai donc préparé moi-même l’emballage pour expédier à l’autre bout de la France, avec un joli emballage cadeau brillant ^__^

Ce qui m’amène à vous parler d’un sujet qui m’a bien préoccupé, et que je trouve mal documenté sur le web :

Comment expédier un tableau – Quel emballage pour protéger une peinture



(images ©OfficeDépôt)

J’ai déjà vu des cartons taillés pour des impressions sur toile, aussi je pensais trouver ce genre d’emballage. Pas dans un magasin quelconque bien sûr, plutôt dans un grand entrepôt de fournitures pour entreprises. Je constate avec horreur que pour ma toile de 46x55cm ne pourrait entrer que dans une grosse caisse brune de 50×60 et de profondeur 50 cm O_O Non, ça ne me convient pas du tout, je vois bien dans quel état arrivent les livres d’un diffuseur dans ce genre de carton.

C’est donc armé d’un rouleau entier de ruban adhésif, un rouleau entier de carton ondulé et de film à bulles que j’ai emballé sur-mesure la toile. À raison de 3 couches de film à bulles, de l’emballage cadeau, de 3 couches de carton ondulé, et d’emballage craft pour l’envoi. J’ai accueilli avec soulagement la nouvelle de l’arrivée en parfait état du tableau ! Emballer ainsi m’a tranquillisé pour l’envoi, mais m’a aussi pris plus d’une heure ^^;;; (je suis trop soigneuse, me direz-vous !)

Y a-t-il un moyen plus simple pour préparer l’envoi d’une grande peinture ? Aucune idée, ceci est juste ma solution. Si vous avez de meilleures suggestions, n’hésitez pas à les écrire en commentaire, je suis preneuse de nouvelles idées pour de futurs envois !

Wacom Inkling – premier croquis auto-numérisé – deuxième croquis en vidéo-bulle Google+ avec vous

Je suis une fille très sage, j’ai eu en avance un cadeau de Noël extraordinaire : Inkling, ce stylet révolutionnaire permettant d’obtenir la numérisation de ce qu’on dessine sur n’importe quel support !! Ce nouveau produit Wacom a eu un tel succès qu’il est tombé en rupture de stock dès sa sortie ! Mon père Noël personnel a avoué me l’avoir offert impatiemment car il a dû attendre des mois avant de le recevoir avec un mot d’excuse de Wacom ^o^

Voici un petit test en 10 minutes, version “j’aime prendre en main un nouvel outil sans lire de manuel et sans test unitaire préalable”. Version “fille pressée de jouer” donc ^_^ Et le résultat de ce premier test est… modéré ^^;

Le support de dessin

J’ai pris mon habituel bloc de dessin Canson XL Marker, je n’ai pas accroché le récepteur à la feuille à cause de la jointure collée du bloc, je l’ai donc juste posé dessus. Du moment que la surface soit inférieure ou égale à du A4, le récepteur est censé bien fonctionner.

Le stylet

Le stylet est terriblement long et lourd O_O Bien sûr, il ne sera jamais aussi léger qu’un simple stylet à tablette graphique, ni même à un stylet contenant une pile comme pour un modèle de tablette graphique que j’ai eu. Il contient tout ce qu’il faut pour transmettre au récepteur le moindre trait, la pression exercée, etc. Mais tout de même, pour moi, ça rend impossible de le tenir éloigné de la pointe. Or c’est exactement ce qui est nécessaire afin que le stylet puisse émettre les données !

Le stylo à billes

Inkling est livré avec un set de 4 recharges additionnelles pour le côté “stylo à billes” du stylet, ce qui est indispensable pour qu’on voit ce qu’on dessine. J’aime dessiner au stylo, ça ne me pose pas de problème. Cela dit, cela implique que le trait sera toujours de même largeur, on ne dépassera donc pas le stade de croquis (moi qui pensais faire de l’encrage et gagner beaucoup de temps avec !). Bien sûr, là où en réalité l’encre va baver, en version numérique il n’y paraîtra rien. La détection de la pression est elle aussi bien prise en charge.

La connectique

De ce côté, promesse tenue ! La petite boîte contenant le tout est ergonomique à souhait. Pour charger la batterie du récepteur, il suffit de la glisser dans la boîte et de relier cette dernière à un ordinateur par mini-USB. Pour recueillir les croquis numérisés, il suffit de relier le récepteur directement à l’ordinateur par mini-USB. Un packaging bien pensé, un peu comme un produit Apple, sauf qu’ici tout est de couleur noire ^o^

(photo ©Wacom eStore)

Le logiciel Inkling Sketch Manager

Le logiciel pour importer les croquis est très basique. Importer le dessin, ou visionner tous les traits pour choisir à quel stade importer le dessin. Le logiciel propose un export vers Adobe Photoshop ou Illustrator. J’ai exporté vers Photoshop pour trouver une image sur 2 calques (un fond blanc et les traits du dessin sur fond transparent) au format A4 600dpi. Simple et fonctionnel, en bonus le logiciel aurait pu proposer l’export en gif animé ou quelque chose permettant une démonstration.

Le résultat

Sérieusement, le résultat est moyen ^o^;;;;

Peut-être est-ce ma faute, on peut supposer que :

  • le menton est complètement décalé car je n’avais pas fixé le récepteur au bloc de dessin
  • il manque tout un oeil parce que mes doigts auraient masqué l’émetteur du stylet
  • il y a des traits en trop parce que le récepteur serait hyper sensible

Peut-être. Ou peut-être pas ? Objectivement, si je fais les pour et les contre :

  • - Par manque de précaution, il peut manquer tout un oeil à un croquis, donc tout un lot de traits ou d’écriture
  • - On s’attendrait à ne pas devoir prendre de précaution justement, afin de pouvoir réaliser des croquis sur ses genoux en pleine nature, ou prendre des notes à la hâte en courant entre des réunions
  • + Tout ce qui est détecté est bien détecté
  • + Ne pas avoir à protéger sa feuille à dessin, rentrer chez soi, allumer le scanner, et tout avoir au simple branchement mini-USB est libérateur ! (d’autant que le pilote de mon scanner plante depuis que je suis passée sous Mac OS X Lion -__-)

Je crois qu’il faut que je le teste davantage que 10 minutes ^o^ Je ferai plusieurs cas de tests, dans différentes conditions. L’usage principal que j’en attends est de pouvoir dessiner durant les trajets en train ou en avion, et aussi pouvoir remplir tout un carnet de croquis durant des voyages touristiques. Je pense que tout ceci sera possible, le produit est vraiment tout petit et se glisse dans un sac à main. Reste à dompter les cas défaillants, peut-être muscler mon pouce et mon index pour réussir à le tenir éloigné de la pointe aussi !

EDIT :

Deuxième test en live avec vos suggestions

Le jour même, j’ai proposé une démonstration en live sur Google+ grâce à son système de hangout (vidéo-bulle), afin que jusqu’à 20 personnes viennent chatter et échanger des idées autour de mes tests. Et, ensemble, nous avons compris de nouveaux détails importants :

La rigidité du support

Pour montrer de plus près le test, j’ai dû rapprocher le support de la webcam de mon iMac. Ce qui implique de dessiner à la verticale, en tenant un petit carnet d’une main. D’où le constat : le support peut être souple, on peut même le tordre en dessinant, les traits sont toujours très bien détectés ! Cas à éviter : le récepteur accroché sur une feuille volante, feuille qui se plie sous le poids du récepteur, auquel cas les traits sont complètement décalés avant et après le pli. Ça peut vous paraître improbable mais pour dessiner n’importe où sous n’importe quelle intempérie, ces détails comptent ^^

Les marges

Et donc, mon moleskine est de la taille d’une main. C’est le genre de carnet que j’ai constamment dans mon sac à main. J’ai essayé d’accrocher le récepteur sur le côté pour tester la réception, mais quasiment aucun trait n’a été enregistré. J’ai donc repositionné le récepteur en haut au milieu de la page. 1/3 du dessin est rogné ! D’où la remarque des participants au hangout : il faut rester éloigné du récepteur. Très juste O_O La réception n’est possible qu’à 2cm du récepteur, ajoutez à cela que le récepteur lui-même fait perdre 2cm, c’est 4cm de marge perdue sur un carnet de 9x14cm !! C’est normal quand on y réfléchi, mais il ne reste pas grand chose comme surface détectée ^^;;;

Votre avis

Ce chat public a permis de recueillir vos avis (même si peu de gens parlaient au micro et que je ne pouvais pas lire le chat textuel en faisant la démo !). Globalement votre avis est que l’outil est impressionnant et qu’il y a un temps de prise en main évidente à passer. Reste un scepticisme mêlé à de l’envie. Ce n’est pas encore l’outil ultime mais ça en a le potentiel ! Merci à tous ceux qui ont participé à l’expérience communautaire ^__^

Licence Creative Commons pour partager ses illustrations sur le web

Désormais, mes illustrations sont sous licence Creative Commons pour le web ! Et cela pour “the spirit of internet-trust” !! Je vous partage le fruit de conversations Google+ de ces derniers jours qui m’ont menée à cette décision :

Trey Radcliff, photographe à la notoriété immense sur le web, écrit un post sur Google+ pour expliquer pourquoi il ne met pas de watermark sur ses photos. Pour résumer, Trey est dans 310 876 cercles G+ et uploade ses photos pures en très haute définition sur Picasa. Parce que le watermark enlaidit le résultat, parce que le web a désormais des outils puissants tels que Google Reverse Images pour identifier qui est l’auteur de l’image, et parce que partager librement c’est aussi faire confiance.

C’est exactement l’esprit que j’aime, celui que j’avais en découvrant Internet en 1998, celui que j’ai toujours aujourd’hui quand j’autorise des groupes à créer des tags à partir de mes illustrations. En plus de 10 ans d’évolution du web et de ses nouveaux utilisateurs, c’est difficile de garder cet état d’esprit : je ne compte plus les batailles contre les utilisations commerciales à tort de mes travaux, les échanges désespérants sur deviantArt avec des gens qui se proclament auteurs de mes images, etc. Combien de fois entend-on de nos jours les bêtises selon lesquelles ce qu’on trouve via Google Images est libre de droit, tombé dans le domaine public, ou non protégé ?

Malgré ces internautes à éduquer au droit d’auteur, il y a une majorité d’internautes respectueux et ouverts d’esprit. Le web est toujours un formidable espace de partage, n’est-ce pas ? Je ne sais pas trop pourquoi, mais c’est sur G+ que je le constate très fort, parmi cette communauté d’américains geeks qui partagent beaucoup dans un sentiment de liberté. C’est là que j’ai eu des conversations intéressantes qui m’ont redirigée vers des articles très intéressants – forcément en anglais, mais il n’existe plus de barrière de langue sur G+ ! – et je vous conseille vivement de les lire :

Suite à cela, j’ai enfin compris ce que sont les licences Creative Commons, i.e. exactement ce que je réponds depuis des années lorsqu’on me demande sous quelles conditions utiliser mes images. Ce que je répondais : “Bien sûr vous pouvez montrer mon illustration sur votre site web à but non commercial si vous me créditez avec un lien vers mon site”. C’est exactement ce que les gens bien faisaient, ils ajoutaient toujours “©Rosalys www.rosalys.net” . La licence CC correspondant à tout ceci, adaptée à mon travail, est ainsi :

À propos des images
Les illustrations contenues dans ce blog sont mes travaux sous les licences suivantes :

Aussi, si vous aimez partager vos images, qu’il s’agisse de photographie, d’illustration, de graphisme, ou quoi que ce soit de votre création, je vous encourage à les partager sous cette licence. Comme le dit Glendon Mellow : “it’s time to take back the Net” !!

Devenir illustrateur – Ayez une attitude positive et optimiste


“Lien généreux” – extrait

Mon planning 2010 est aussi dense que j’aimerais une année 2011 plus zen. Aussi ai-je commencé par m’octroyer quelques jours de retrait artistique, pour me recentrer sur ce que j’aime vraiment faire : écrire des histoires qui ont du sens, dessiner pour exprimer des sentiments sincères, bref créer ! Ce calme m’a rappelé mes véritables envies et projets personnels-professionnels : créer des œuvres authentiques, m’accomplir en m’investissant toute entière dans ce qui me passionne, et que cela donne du courage à ceux qui en ont besoin.

Pendant mon retrait, j’ai aussi réfléchi à ce qui, malgré mes encouragements, faisait pencher la balance chez des jeunes artistes en herbe pour le plan Raison plutôt que pour l’objectif de vie Passion. Voir les commentaires sur mes articles “Orientation scolaire et débouchés” et “Le goût du dessin” . Dernièrement, j’ai appris qu’une jeune fille venue à une de mes expositions a fini par choisir des études d’anglais alors qu’elle m’a affirmé rêver de dessiner comme moi. Cela m’a attristé, en grande partie car j’ai senti l’absence de soutien de la part de ses parents, eux qui m’ont dit devant elle qu’elle ne saurait soit-disant pas se vendre comme je le fais. Est-ce à cause de ça qu’il faudrait abandonner ses rêves ?

Voici ce que j’ai mis en pause pendant mon retrait artistique : la négociation de contrats, l’appréhension de nouveaux projets, la promotion sur les réseaux. Et je reprends tout aujourd’hui, doucement, car cela fait partie du métier. Il faut savoir faire tout cela lorsqu’on choisit de travailler en indépendant, cependant, d’une part il n’est pas nécessaire de choisir le freelance, d’autre part il n’est impossible à personne d’apprendre à gérer ces aspects. Je peux avancer ce dernier point car le papa qui me prenait en exemple quant à savoir se vendre n’a pas constaté que je suis une personne très timide, menant une vie modeste et ayant un diplôme pas du tout dans son domaine d’activité. Je n’ai rien d’enviable, rien de plus que la fille de ce père inquiet. Je n’ai pas commencé avec toutes les prédispositions, j’ai commencé parce que je l’ai voulu de tout mon être, et je continue parce que je persévère. Jeunes artistes, ayez le courage de vivre; parents, laissez vos enfants apprendre à vivre !

Ces dernières semaines, j’ai aussi beaucoup lu, notamment des ouvrages sur la pensée chinoise depuis l’Antiquité. Même si vous n’avez pas forcément comme moi des origines chinoises, j’ai envie de citer quelques passages qui pourraient vous éclairer :

“Cultivons notre être pour devenir la meilleure version possible de ce que nous sommes. (…) Si nous parvenons pleinement à apprécier nos limites, à parler et à agir avec circonspection, à pénétrer notre quotidien de l’esprit confucéen de courtoisie et d’honneur, à développer notre corps et notre intellect, beaucoup moins de choses nous gêneront, et nous finirons par comprendre comment être une bonne personne et comment affronter au mieux le monde. (…) Si nous avons une attitude positive et optimiste, et une juste compréhension des limites des relations humaines, nous pouvons devenir le genre de personne qui, tel un soleil, diffuse le bonheur et le réconfort sur sa famille, sur ses amis et, en fin de compte, sur la société toute entière.”
Yu Dan, Le bonheur selon Confucius

Voilà ce que j’aimerais que ceux qui ont tout le potentiel et plus qu’un choix à faire prennent en compte. Voilà ce que j’aimerais répondre au récent commentaire de Jess sur son choix de carrière. Mais quoi qu’il arrive, jeunes artistes en devenir, vous restez maître de vos choix. J’aimerais être pour vous celui que Confucius appelle “l’ami droit, c’est-à-dire franc, honnête et juste. (…) Il vous donnera du courage quand vous serez timoré, de la décision et de la résolution quand vous serez hésitant.” Mais je ne peux l’être au-delà du possible, d’ailleurs Confucius dit aussi : “Avertis tes amis avec franchise et conseille-les avec douceur. S’ils n’approuvent pas tes avis, arrête, plutôt que de risquer un affront.” Alors je ne peux en dire plus, j’espère cela dit que vous prenez de bonnes résolutions pour 2011 et pour votre avenir ! De mon côté, je tâcherais de créer des projets qui me ressemblent, résolument positifs !!

iMac – Quand renouveler son ordinateur pour dessin numérique

Je vous ai parlé du renouvellement de sa tablette graphique, mais il y a plus vital encore lorsqu’on dessine en numérique : son ordinateur !

Ça fait 3 ans que mon iMac – nommé “Lumière” – donne le meilleur de lui-même. Le pauvre date de l’âge de pierre, cette 4ème année j’ai tiré sur ses ressources : Photoshop prend presque un quart d’heure pour se lancer tellement j’ai importé de motifs; travailler sur une affiche A2 fait planter la machine; dès qu’un montage vidéo est terminé il faut le délocaliser sur disque externe car il n’y a plus de place; … Bien sûr, j’oriente côté artistique, sinon j’ajouterais qu’en 3 ans on est passé de l’iPhone 3G à l’iPhone 4 qui fait des vidéos et photos de meilleure qualité, ce qui fait exploser la taille d’iPhoto, sans oublier l’HDR ^o^; Bref, plus assez de mémoire vive, processeur out, espace disque en mode survie, il est temps d’évoluer.

Le bon moment est enfin arrivé, celui qui rend l’investissement moins culpabilisant car c’est en solde : le Black Friday ! Sous ce nom obscur pour nous Français, il faut comprendre qu’il y a des promotions monstres dans des tas de boutiques américaines, dont l’Apple Store *o* Et s’il faut que mon ordinateur tienne encore 3 bonnes années, il vaut mieux booster sa configuration en prévision de l’avancée technologique à venir. Et voilà, mon nouvel iMac – nommé “Licorne” ! – est là, il a… un processeur à 3,60GHz, 8 Go de RAM, 2 To de disque dur, plus encore que mon serveur de stockage O___O Avec cette bête de course légendaire, il y a de quoi créer jusqu’au bout de ses limites humaines ^o^ D’ailleurs, j’adore le slogan d’Apple pour l’iMac : “Le tout-en-un ultime. Version turbo.”

J’en ai aussi profité pour renouveler mon imprimante-scanner : meilleure impression, meilleure résolution, tout cela est important pour une illustratrice ! Ajoutons à cela que j’ai choisi une imprimante qui permet d’imprimer sans fil en Wi-Fi, et qui gère AirPrint pour imprimer depuis iPhone et iPad, et mon atelier est passé à l’ère moderne ^o^

Migrer d'un iMac à un nouvel iMac se fait tout seul, c'est aussi magique qu'une Magic Mouse ^o^

Devenir illustrateur – orientation scolaire et débouchés


“Amour de l’art” – extrait

Septembre, pour certains d’entre vous, c’est la rentrée scolaire et les réflexions sur l’avenir. Pour d’autres, comme pour moi, c’est reprendre de plus belle le travail et donner le meilleur de soi-même pour concrétiser des projets. C’est pourquoi, je n’ai pu donner suite à tous vos messages – désolée ! – mais aussi parce que je ne veux pas mal répondre à des questions… d’orientation scolaire.

Vous me demandez comment faire pour devenir illustrateur, est-ce que cela vaut le coup de faire une école d’art, y a-t-il des débouchés, trouve-t-on facilement un emploi, sera-t-il possible d’en vivre une fois le bon diplôme en poche, etc.

Ces questions sont cruciales, vous avez raison de vous les poser au plus tôt. D’ordinaire, lorsque des artistes en herbe viennent me demander conseil en dédicace, ou m’écrivent avec des exemples de beaux dessins, j’encourage à choisir une bonne école pour les plus jeunes, et à se lancer pour les plus confirmés. Mais ces mails d’Août/Septembre m’ont fait réfléchir : que répondraient les conseillers d’orientation, les autres artistes, les professeurs et les parents ?

J’ai vu trop de passions réprimées, des talents enfouis, du potentiel gâché, pour ne pas encourager des gens qui aiment le dessin. Mon parcours n’est pas le plus simple, en autodidacte j’ai foncé sur la voie libre et difficile du freelance. Ce n’est pas forcément ce qu’il faut faire, ni la bonne manière de le faire. Cependant, même si je ne saurais vous renseigner sur les cursus scolaires et leurs débouchés théoriques, je peux vous dire qu’avec un peu de curiosité et d’amour de l’illustration, vous verrez se dégager beaucoup de métiers possibles : bien sûr vous pouvez être illustrateur indépendant, peintre ou auteur de BD, mais vous pouvez aussi travailler en agence de communication ou de publicité, faire du graphisme textile ou designer en décoration. Le monde est vaste et l’art visuel est partout !

Quant à vos chances de réussite, je ne connais pas les pourcentages de chaque filière et la bonne stratégie à adopter. Ce que j’ai de mieux à vous dire, c’est de sonder en vous votre besoin de sécurité, de confort, et votre besoin de sens, d’épanouissement. À partir de là, vous pourrez choisir des métiers et des voies dites “royales” pour “réussir” votre vie sociale, ou bien croire en vous et vous donner les moyens de réaliser votre rêve, si vous rêvez sincèrement de vivre votre art.

J’espère ainsi que ma réponse vous aidera…

Cela étant dit, si des professionnels de l’orientation ou des artistes ont des conseils à émettre pour éclairer les jeunes à un croisement important de leur scolarité, n’hésitez pas à vous exprimer en commentaire de cet article !

Tablette graphique – Quel matériel de dessin numérique choisir en 2010

Envie de débuter en dessin numérique, hésitation à renouveler son matériel, perdu dans les marques et gammes de tablettes graphiques possibles ?

Petite parenthèse entre 2 dédicaces à Japan expo pour répondre à vos questions. Car vous êtes nombreux à m’envoyer des e-mails me demandant des conseils, peut-être l’été est-il votre moment privilégié pour faire le grand saut artistique… Et je vous y encourage ! J’ai donc décidé d’en faire un article de blog avec mon avis sur les tablettes que j’éprouve au quotidien, et certains d’entre vous auront sûrement des conseils plus exhaustifs, aussi n’hésitez pas à commenter pour partager votre expérience pour les novices !

  • Pour le loisir :

Si vous cherchez une tablette graphique en tant que gadget technologique, vous pouvez vous offrir l’entrée de gamme d’une marque générique, faites-vous plaisir sans loucher sur les modèles high tech de la marque Wacom, il me semble que les tablettes les moins chères sont de la marque Trust. Familiarisez-vous avec la virtualisation : dessiner en regardant l’écran et non le stylet vous paraîtra vite inné, pas d’inquiétude ^_^

  • Pour la colorisation numérique :

Vous dessinez et encrez sur papier, vous ne voulez passer au numérique que pour coloriser. Marque réputée ou générique ? Le choix vous est toujours possible, prenez en compte les contraintes de chaque marque et voyez si vous pouvez vous y accommoder. Avec une tablette de marque ThinLine par exemple, votre poignet devra porter dans le stylet une pile, la changer et faire attention aux faux-contacts en cas de transport. Pour la taille, vous pouvez faire de jolies choses avec une petite tablette, c’est tout à fait suffisant.

  • Pour du full digital :

Vous souhaitez tout faire en numérique, vous voulez tracer de grandes courbes avec précision. Il paraît nécessaire de passer à plus grand. Mais est-ce pour autant pertinent ? J’ai travaillé sur une tablette A4 pour cette raison et je n’ai jamais trouvé la position de bureau adéquate, si bien que j’ai pris ensuite une tablette A5. Mais vous, vous trouverez peut-être ^_~

  • Pourquoi en changer :

Votre première tablette est votre amie pour la vie, et elle est toujours en vie après 10 ans de loyaux services. Oui, mais votre vieille Wacom Graphire, qui n’est même plus éditée à présent, n’a pas évolué alors que la technologie va si vite ! L’intérêt d’avancer avec son temps : bénéficier de tout ce qui facilite les tâches et vous rend plus efficace. Par exemple, configurer vos raccourcis récurrents sur les touches de la tablette permet de s’affranchir du clavier durant la session de dessin, déplacer la zone de travail avec vos doigts sur la zone tactile de la tablette permet de dessiner en plein écran sans ascenseurs, etc. Cela peut paraître bête mais c’est le genre de petite révolution qui vous change la vie ^o^

  • Petit budget, pas d’idées, vous voulez une solution toute faite :

Vous voulez ce que j’ai ? Facile : vous trouverez partout dans le rayon Périphériques une Wacom Bamboo fun. Je l’ai acquise après que ma Thinline XL est morte d’une chute suite à ma démonstration de dessin à la FNAC (attention au câble USB durant les transports !). J’en suis très contente. Et si vous avez la patience d’attendre que la technologie progresse encore un peu, voyez pour prendre directement un futur iPad qui aurait un stylet précis et des logiciels de dessin puissants ! Ce n’est que du conditionnel car pour l’instant l’iPad ne permet que du croquis au doigt. Et la Wacom Cintiq, pour dessiner sur un écran mais toujours en utilisant son ordinateur personnel ? Testez-la en festival pour vous amuser, mais si vous avez la patience, vous pouvez vous permettre d’attendre que les prix soient plus abordables.

Voilà ce que je peux vous en dire, je ne peux renseigner davantage car je n’ai pas d’avis sur des modèles A3 et autres testés pas plus d’une soirée, et je n’ai changé que 4 fois de tablette. Parce qu’une tablette a une longue durée de vie, bref c’est un bon investissement ^__~

Le goût du dessin

The taste of life

Il m’arrive de recevoir des mails de jeunes artistes en devenir, qui ont 12, 16 ou 21 ans. Peu importe l’avancement de chacun en âge et en étude, ce qui compte c’est qu’ils sont à un croisement de leur chemin de vie. Certains m’écrivent parce qu’ils doutent, d’autres parce que mon parcours artistique leur donne de l’espoir. Aujourd’hui, c’est un mail de remerciements que j’ai reçu, parce que mes illustrations ont redonné l’envie de dessiner. Sachant qu’à mes yeux, redonner le goût du dessin est assez proche de redonner le goût de la vie, j’ai été très émue…

Pour tous ceux qui m’écrivent ou qui n’oseraient pas m’écrire pour ces raisons, un autre point commun vous relie : vous pensez tous que votre long récit sera ennuyant et que je n’aurai pas le temps d’y répondre. Certes, je suis très occupée et il ne m’est pas toujours possible de répondre longuement. Mais sachez que vos textes sont de vrais trésors, c’est moi qui vous remercie de vous épanouir, si je vous aide de quelque manière à vous accomplir dans votre vie alors mon bonheur est incroyablement entier !

Vous êtes nombreux à vous épancher de manière passionnante sur votre passion, j’aimerais tellement que vous partagiez à d’autres cette expérience importante que vous êtes en train de vivre et qui encourageraient d’autres plus tard. Dorénavant, j’inviterai les jeunes artistes à laisser un petit mot sur cet article de blog, j’espère qu’ils joueront le jeu car ces trésors mériteraient d’être partagés !!

Pour finir, un petit retour sur un détail de mon parcours : M. Kojima, directeur d’une école de manga au Japon, me demandait si mes parents m’avaient soutenu dans la voie artistique. La réponse est non. Mes parents sont des héros de shônen manga, prêts à tout sacrifice pour un meilleur avenir pour leurs enfants. En retour, l’enfant que j’étais a mené une carrière scientifique à la hauteur de ce qu’ils espéraient, et les mangas m’ont accompagné sans cesse ^o^ Ils n’approuvaient pas que je fasse de l’auto-édition en parallèle de mes études supérieures, ils étaient choqués lorsque j’ai démissionné de mon entreprise en abandonnant une situation confortable. Jusqu’à un cocktail, où l’adjoint au maire expliquait avec joie à ma mère que j’avais contribué au rayonnement de son événement culturel. Là, mes parents ont commencé à se dire que je faisais un vrai métier, et qu’ils étaient fiers que j’ai toujours porté mon rêve en moi. À cela, M. Kojima acquiesce en disant qu’au Japon, les parents sont tout autant frileux à inscrire leurs enfants dans une école de création artistique, car tout parent rêve d’un avenir stable pour son enfant. “Mais il faut permettre aux jeunes talents de s’exprimer”. Je veux vous permettre de vous exprimer, quelle que soit la discipline qui est votre vocation. Nous pouvons, nous devons tous réaliser nos rêves et exprimer notre authenticité : c’est ce qui donne un vrai goût à la vie !